L'infolettre de Pat White sur les médias

Google, Urbania, HuffPost, YouTube et nouvelles locales payantes

Bonjour à toutes et tous!

J’espère que vous allez bien malgré les circonstances actuelles.

Voici ma première infolettre hebdomadaire sur le monde des médias, des technologies et du numérique.

Chaque semaine, je vais passer en revue quelques informations qui méritent votre attention. Vos commentaires sont les bienvenus!

Cette semaine : Urbania tente sa chance en France; 25% des Américains s'informent sur YouTube, l’avenir des médias locaux selon Reuters, Google veut aider la presse, et le HuffPost bientôt vendu par Verizon?

Merci d’être là!

25% des Américains s'informent sur YouTube 

Une importante étude du centre de recherche Pew montre que près de 26% des Américains adultes s’informent sur YouTube, alors que ce n’est pas un média d’information et que ses algorithmes sont reconnus pour pousser du contenu d’extrême droite de façon aléatoire.

Le Pew Research Center est selon moi la référence pour les centres d’études sur les médias aux États-Unis. Ils sont hyper crédibles.

Plus de 12 600 Américains ont été sondés par le Pew Research Center pour cette étude. On y constate aussi que les producteurs de contenus indépendants, et ça peut être n’importe qui ici, sont mis sur le même pied que les médias traditionnels reconnus au pays. L’étude montre que les Américains se tournent autant du côté des chaînes indépendantes que de celles des médias d’information bien établis. Les vidéos des producteurs de contenu indépendants focalisent aussi davantage sur une couverture négative de l’actualité et discutent davantage des théories complotistes, révèle le centre Pew.

En complément, cette «cartographie» récente de l'ensemble de Youtube où on constate, malheureusement, que l'information y est marginale comme m’indiquait cette semaine mon collègue Jean-Hugues Roy de l’UQAM:

Il y a ici matière à réflexion!

Les nouvelles locales : un avenir payant? 

Une étude de l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme a dévoilé que l’avenir des médias locaux passera de plus en plus par les murs payants, qui vont forcer les citoyens à payer pour lire les contenus. Mais avant de faire cela, il faut «publier moins» d'articles pour donc «publier mieux».

L’étude de l’Institut Reuters, situé à Oxford en Angleterre a analysé comment les journaux régionaux en Europe se sont adaptés au plan du contenu et des stratégies commerciales. Pour survivre, il n’y qu’une seule solution : investir dans un contenu local ou hyperlocal de grande qualité qui se distingue des concurrents, informe bien les lecteurs actuels et attire de nouveaux internautes afin de garantir leur avenir.

 La recherche a été réalisée dans 20 pays de décembre 2019 à mars 2020, soit juste avant la pandémie. Elle a focalisé sur l'adoption par des médias régionaux d’un virage vers le contenu payant avec divers paliers, systèmes de micro paiements ou dons des lecteurs. Ce virage a amené une approche axée sur le contenu à valeur ajoutée, ce qui a amené une redéfinition des fonctions et des routines dans les salles de nouvelles. Sans compter les stratégies de diffusion du contenu sur les plateformes numériques.

Google veut aider la presse

@JDN

Le patron de Google Sundar Pichai a annoncé jeudi matin que le géant américain allait investir un milliard de dollars dans des partenariats avec des éditeurs de presse à travers le monde. Il en fait l’annonce dans un billet de blogue

"Cet engagement financier (...) rémunérera des éditeurs pour créer et sélectionner des contenus de haute qualité", pour une "expérience" de l'information en ligne, écrit M. Picham cité par l’AFPi. Le PDG ajoute que le nouveau produit que proposera Google sera d'abord disponible sur Google News sur Android, puis sur Google News sur IOS (téléphones d’Apple).

Je demeure un peu sceptique mais il demeure qu’on constate un mouvement de fonds chez les GAFA pour commencer à partager certains revenus avec les médias, qui en ont bien besoin! Faudra voir comment ça se traduira au Québec, maintenant. 

Le HuffPost bientôt vendu?

Le New York Post a rapporté cette semaine que le groupe Verizon envisageait de vendre le site HuffPost en raison des coûts trop élevés et de la baisse des revenus publicitaires.

Le Post, qui cite des sources anonymes, explique que le géant Verizon en a assez de perdre de l’argent avec le site, fondé en 2005 par Arianna Huffington.

Selon le quotidien new yorkais, Verizon perd des dizaines de millions de dollars juste aux États-Unis mais qu’aucun repreneur ne s’est manifesté pour racheter le HuffPost, qui valait encore près de 1 milliard$ US il y a quelques années.

Urbania tente sa chance en France

C’est assez rare qu’on voit un média québécois tenter sa chance en France. C’est ce que Urbania a annoncé cette semaine. 

C’est assez visionnaire comme projet je trouve. Urbania a du succès depuis son lancement en 2003. Ce magazine papier pour les jeunes est désormais un média numérique 360 degrés d’ici avec une image de marque bien à lui et un plan pour l’avenir. Urbania n’a pas la prétention d’être un média d’information mais bien un média de divertissement qui s’assume. 

Le groupe québécois dirigé par Philippe Lamarre est aussi fort actif en production d’émissions de télévision, en plus de ses contenus sur Urbania.ca. Est-ce que l’incursion en France va fonctionner? Très difficile à dire mais France Inter a déjà parlé deux mardi et le buzz médiatique a commencé. Le contenu de Urbania France est très franco-français, vise les 18-35 ans et colle bien à l’identité française. Pas question de copier-coller le Urbania québécois. Urbania France aura quatre journalistes et 15 pigistes, et sera dirigé par Florent Peiffer.

Reste à être conscient que le marché français est saturé de médias et largement affecté par la crise financière liée à la Covid-19. À suivre!

Sur ce, merci pour votre présence et le temps consacré à la lecture de cette infolettre.

Votre feedback sera le bienvenu : patwhite70@gmail.com

Patrick White

P.S. Je serai sur les ondes de l’émission Moteur de recherche à Radio-Canada Première le 8 octobre à 19h. Le sujet : Y a-il un risque à s'informer sur une plateforme plutôt que dans un média?